Shiro Megumi

aventures dans l'empire d'Emeraude
 
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 3 - Retour à Ashinagabachi

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Shingen

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MessageSujet: 3 - Retour à Ashinagabachi   21/6/2013, 15:03

Après avoir fait un rapide détour par la capitale pour trouver un pigeon à destination de Kyuden Kitsune, Shingen avait repris la route au pas de course vers Kosaten Shiro. Il nourrissait l’espoir de trouver là-bas une embarcation lui permettant de rejoindre au plus vite Kyuden Ashinagabachi. Bien que le périple fût long et pénible, le jeune archer n’en garde qu’un souvenir très vague ; seule l’angoisse qui lui tenaillait les tripes reste aujourd’hui encore présente dans son esprit.
 
C’est en pleine nuit, sous une pluie battante que Shingen, fils de Matsuda du clan de la Guêpe, arriva enfin à la citadelle du seigneur Tsuruchi. Un mois avait passé depuis sa dernière visite. Le départ rapide des yorikis avait laissé peu de place pour de chaleureux adieux à sa famille. Et Shingen ne savait pas trop où aller en premier. Chez ses parents, pour trouver un peu de réconfort et la douce chaleur du logis maternel ? A la forteresse, pour présenter ses hommages et prendre des nouvelles du daïmyo ?
Le garçon déambulait dans les rues en périphérie de la cité telle une ombre hagarde. Un spectre de l’ancien temps qui trainait sa damnation à la recherche d’une chose qu’il ne connaissait pas. Mais Shingen ne s’en souciait guère. Le mot détrempé n’était même plus suffisant pour décrire combien la pluie avait imprégnée ses vêtements et affaires ; pourtant il restait là, sous les trombes d’eau qu’Onnatangu s’amusait à lui déverser sur la tête. Il laissait ses pieds le guider, comme il l’avait fait tant de fois. Le regard dans le vide, à se tourmenter l’esprit : viendra-t-elle ? Ma lettre lui est-elle parvenue ? Et si Sojin s’interposait…
Buttant dans une marche, Shingen releva brutalement les yeux, à nouveau en contact avec la réalité. Un frisson parcourra son échine et il s’ébroua comme un chien. Comme si les quelques gouttes ainsi éjectées pouvaient compenser les litres d’eau qui ruisselaient de son corps. Devant lui, shingen reconnut le dojo Tsuruchi où il avait fait ses premiers pas de bushi. Depuis, le prestigieux dojo avait déménagé plus haut dans la cité, à proximité de la citadelle du seigneur fondateur du clan. Mais il semblait que le bâtiment face à Shingen ait gardé une certaine fonction : aujourd’hui il avait été réaménagé et était réservé à certaines phases du gempuku.
Quoiqu’il en soit, par cette nuit plus que maussade, Shingen trouvait que c’est un point de chute tout à fait approprié. Il poussa la porte et déposa ses affaires de voyage à l’entrée. L’endroit était désert à cette heure tardive. Mais il régnait ici une atmosphère particulière : l’empreinte d’une respectabilité passée, une âme résiduelle à l’odeur d’encens et de santal. Shingen ôta son kimono ruisselant et attrapa un hakama propre. Il l’essora avant de l’enfiler. Le tissu froid et collant se plaqua contre sa peau mais le garçon ignora la désagréable sensation. Il en avait vu d’autres. Se déplaçant en silence dans la grande halle qu’était ce dojo, Shingen prit le temps de s’incliner respectueusement devant le portait de Tsuruchi qui dominait la pièce principale. Les idées noires de l’adolescent s’étaient envolées et à mesure que les minutes s’égrainaient, Shingen était de plus en plus convaincu que c’était une bonne idée de venir passer la nuit ici.
D’une petite volte joyeuse, il fit demi-tour et retourna à ses affaires, dans l’entrée. Il s’y saisit de son arc et de ses carquois, croqua dans une pomme flétrie puis se rendit à pas lents vers le centre de la pièce principale. Plus il approchait du centre, plus il ralentissait ses mouvements. Les battements de son cœur se firent plus lent eux aussi à mesure que le garçon entrait dans ce calme méditatif qui précédait ses entraînements au kyudo. Il posa ses carquois au sol et commença. De longues minutes il répéta inlassablement les mouvements de base de l’archer, bandant l’arc, puis lâchant la corde pour tirer cette flèche imaginaire qui, pourtant, ne touchait pas toujours sa cible, imaginaire elle-aussi.
Comme un coup de bambou sur une table en bois, les mots claquèrent dans l’obscurité.
"Ta corde claque trop. Que ce passe-t-il Shingen ? Tu as perdu tes doigts ?"
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Shingen

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MessageSujet: Re: 3 - Retour à Ashinagabachi   21/6/2013, 15:04

Le garçon sourit et répondit sans se retourner. Il avait sentit la présence des deux hommes qui l’observaient depuis un quart d’heure bien avant qu’ils ne le voient s’entraîner.
"
Konbanha, Akikane-sama ! Qui vous accompagne ?
"C’est moi, Shingen." La voix de Jigoro était légèrement enrouée. "Une vigie est venue interrompre notre partie de dés pour nous dire qu’elle t’avais vu entrer dans la cité. Tu vas bien, mon garçon ?"
Les bruits de pas indiquaient à Shingen que les deux hommes pour qui il avait énormément d’affection s’approchait de lui.
Shingen fit craquer sa nuque et se retourna pour les regarder en face. Il s’inclina respectueusement devant ses ainés.
"Tes doigts manquent de souplesses. Fais-moi voir tes mains." Attrapant le poignet que Shingen lui tendait, Akikane, senseï au dojo Tsuruchi en charge des débutants, retourna la main et l’observa minuscieusement malgré la faible luminosité qui régnait dans la pièce. L’homme à la cinquantaine bien avancée faisait glisser ses doigts raidis par l’arthrite sur la chair de Shingen. "Des cales ? Tu as repris le maniement du sabre, gamin ? TsssTsss… Tu te trompes de voie mon garçon. Il faut faire des choix dans la vie. Mais surtout il faut s’y tenir."

Shingen baissa le regard, comme un peu géné de cette révélation. Jigoro reprit posément pour éviter un silence pesant.
"Et tes samouraïs sont ici aussi ?
Non, je suis venu seul. Nous avons du nous séparer ; nous nous rejoindrons d'ici l'été. Pour l'heure, je suis venu parler à Nishima."
Les sourcils de Jigoro se froncent en un signe évident de désapprobation mais le jeune Shingen, des étoiles plein les yeux, ne semble pas en capacité de remarquer la chose.
"

"Tu joues un jeu dangereux shingen." Déclara Jigoro, mais avant qu'il ne put continuer, c'est Akikane qui prit la parole.
"Quoiqu'il en soit, elle n'est pas encore là il me semble. Tu vas donc pouvoir reprendre l'entraînement. Tu sembles avoir délaisser ton yumi et je ne puis tolérer cela." Le vieux samouraï tourne le dos à ses compagnons de soirée et commence à repartir. Il reprend
"A l'aube, Shingen, tu te présenteras à la caserne de la Légion Tsuruchi. Je ferais en sorte d'ici là que tu puisses suivre leur expédition : au programme, c'est marche forcée de 4 jours.
Ay, senseï !"
Jigoro rejoind Akikane vers la sortie et, de la porte, lance une dernière remarque au jeune garçon.
"Et Shingen ? N'oublie pas d'aller voir ta mère !"
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MessageSujet: Re: 3 - Retour à Ashinagabachi   21/6/2013, 15:05

Cela faisait deux jours que Shingen se remettait difficilement de sa virée avec la Légion Tsuruchi quand arriva à Kyuden Ashinagabachi un palanquin. Celui-ci se rendit directement à la demeure de Dame Naya et maître Matsuda, les parents de Shingen. Si le palanquin ne passa pas inaperçu dans les rues, personne de prêta plus attention que cela à la jeune beauté qui en descendit. Le soleil timide de cette fin de matinée faisait luire des reflets roux dans sa longue chevelure noire qui lui tombait jusqu'aux genoux. Pourtant, malgrè le poids évident d'une telle toison, la jeune femme portait sa tête haute et fière. Drapée dans de sompteuses soieries, elle toqua elle-même à la cloison de la "maison aux mille versets" (voir description de la demeure http://shiromegumi.discutfree.com/t375-passage-par-le-clan-de-la-guepe-en-route-vers-le-moineau). Comme à son habitude, le yojimbo de la famille ouvrit la porte.
"Jigoro-san ! Cela me fait plaisir de vous revoir. Kitsune-sama est-elle ici ?"
Jigoro hocha la tête à l'affirmative et s'effaça pour laisser entrer la jeune fille.
"Et Shingen ?" Le yeux de la demoiselle brillaient d'une lueur attendrissante, celle des premiers émois adolescents qui ne peut laisser les parents indifférents. Mais Jigoro ne devait pas être père car il répondit d'un "Non !" froid et sec. Ce qui n'ota pas pour autant le tendre sourire qui ornait le fin visage de la fille du terrible Kitsune Sojin.
"Tant pis !
Il sera là dans une heure tout au plus. Il m'a dit qu'il ne manquerait pas le repas.
Ma tante ! Comme je suis heureuse de vous voir. Vous m'avez manqué. Savez-vous que Yoshi, ma petite chatte, a eu deux portées depuis l'an passé ? Les bébés sont si mignons. Et puis Namaye s'est mariée tout comme Tokoni, à ce rythme, je serais bientôt la seule fille de mon âge à ne pas être encore mariée à Kyuden Kitsune." La jeune Nishima semblait capable de passer de la joie à la tristesse en quelques instants seulement. Sa tante la prit par l'épaule et elles allèrent toutes deux à l'arrière de la maison pour prendre le temps de bavarder des derniers potins.
Bien que légèrement plus jeune que Shingen, Nishima semblait parfaitement rompue aux arts subtils de la Cour ; minauderies et roucoulades étaient une seconde nature pour elle. Et tant sa langue ne cessait-elle de s'agiter qu'on avait du mal à penser que Shingen puisse s'être épris d'elle. Enfin, telles étaient les pensées de Jigoro qui entendait bien malgrè lui les caquettements de la jeune Kitsune. Non, décidément il ne l'aimait guère. Pas qu'elle soit méchante ou mauvaise ; elle ferait même sûrement une adorable épouse pour le jeune homme. Mais Shingen est un garçon des bois ! Il va se flétrir, se rabougrir à l'écouter parler sans cesse. Et elle ? Elle n'est qu'une fleur fragile qui se fanera bien trop vite au grand air. Sa place est avec les courtisans du clan de la Grue, ou à la cour impériale ; pas à arpenter les routes à la recherche de criminels. Pourtant ils s'aiment ces jeunes fous. Cette dernière pensée lui arracha un sourire amusé, presque nostalgique. Après tout, lui aussi avait aimé passionnément. Mais la perte de Koï avait assombri son coeur déjà taciturne à l'époque. Un amour secret est un lourd fardeau, trop lourd pour les épaules des deux jeunes écervelés.
"Oh ! Toi, tu as besoin d'un saké !"
Jigoro sursauta. A ses côtés, dans le couloir, se tenait Shingen. Il était torse nu et haletant comme un boeuf, la sueur ruisselant sur ses muscles bien dessinés, pourtant il n'avait pas entendu le garçon. Un petit rictus se dessina aux coins des lèvres du yojimbo : le garçon grandit, ses épaules ne sont peut-être pas si frèles que ça.
Au fond de la maison, résonna un fou rire. Shingen écarquilla de grands yeux et c'est plein d'espoir qu'il demanda : "Elle est là ?"
En guise de réponse, Jigoro se contenta de dire : "File te laver !"
Il n'eut pas besoin de le dire deux fois.
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MessageSujet: Re: 3 - Retour à Ashinagabachi   21/6/2013, 15:05

Les jours qui suivirent, les deux jeunes gens prirent le temps d'être ensemble : présentation d'hommage à la cour de Tsuruchi, visite de la ville, promenade dans les bois avoisinants... Le jeune couple était toujours suivi d'un yojimbo et d'une dame de compagnie qui assuraient le chaperonnage des deux adolescents. C'était la mère de Shingen qui leur avait imposé cela et à cette annonce, le jeune archer avait transpercé du regard Jigoro, comme si l'idée avait pu venir de lui.
Mais peu importe, trois jours en présence de Nishima, Shingen n'allait pas gâcher sa bonne humeur sous prétexte de l'escorte qui le privait d'une tendre intimité avec celle qu'il appelait ouvertement sa promise. D'ailleurs, personne ne le contredisait sur ce point, surtout pas Nishima. Le jeune fille n'avait d'yeux que pour lui et pourtant elle lui rappelait régulièrement au cours de leur conversation que Yasuki Nogaï la courtisait avec ardeur. Elle semblait presque exaspérée que Shingen ne montre que si peu de jalousie. En effet, le garçon se contentait de répondre en décrivant de plus belle toutes les aventures qu'il avait vécu en compagnie des yorikis d'Emeraude.
"M'emmeneras-tu avec toi quand tu repartiras cette été ?"
Un sourire aux coins des lèvres, Shingen répondait illassablement : "Je repartirai bien avant l'été."

A l'aube du quatrième jour de la visite de Nishima, Shingen vient gratter discrètement à la cloison extérieure de la chambre de sa promise. La jeune fille ouvrit. Elle portait un kimono d'entraînement en toile grise, les cheveux peignés en une épaisse natte qui avait dû lui prendre des heures. D'un bond elle fut dehors et les deux amants partirent dans les bois à la faveur de la brume matinale. Au coeur du bosquet, après avoir renouvelé silencieusement leurs promesses, ils firent l'amour en harmonie avec la lumière naissante du jour. Un doux mélange de passion et de trendresse les animait, le frisson de l'interdit aussi peut-être.
Alongés sur leur tapis de mousse, leurs corps nus moites de rosée et de sueur, ils regardaient la canopée en imaginant leur vie.
"Il faut que je te parle, mon amour." La voix de Shingen était rauque ; la fatigue, le stress et la peur lui serraient la gorge.
D'une petite voix cristalline, Nishima répondit : "Et bien pas maintenant." Et elle partit en trombe au travers des bois. Immédiatement, Shingen bondit sur ses jambes et la poursuivit. Les deux amoureux insoucients couraient nus dans la forêt quand un craquement de branche fit sursauter la jeune fille. Tournant la tête vers le buisson à sa droite, elle aperçut une ombre blanche. Elle cherchait à percer du regard l'écran de broussaille pour mieux voir qu'elle était cette chose qui la regardait, là juste devant, elle en était sûre.
Les bras puissants de Shingen se drapèrent autour de ses épaules et la chaleur du torse du jeune homme électrisa la chair de Nishima. Deux yeux jaunes les observaient à travers les feuilles et cela devenait de plus en plus inquiétant pour la jeune fille. Shingen eut un petit ricanement et murmura pour lui même "Tu es là, toi, petit voyeur." Ces quelques mots suffirent à rasseréner la demoiselle qui, sentant l'ardeur du jeune homme à nouveau l'envelopper, pencha la tête en arrière pour l'appuyer sur l'épaule de son amant, ferma les yeux et s'abondonnant à la rassurante présence de son amour.
Délicatement, Shingen la porta dans ses bras et se rendit à la cascade non loin de là où s'était uni. Dans l'eau clair et froide du bassin, ils prirent un bain revigorant qui se mua vite en un batifolage plus intime.

Il n'était pas encore midi qu'ils se promenaient à nouveau dans la forêt à la recherche d'un endroit tranquille pour grignoter les quelques baies qu'ils avaient trouvé chemin faisant. Shingen était impressionné de l'aisance de la jeune femme dans les bois, elle semblait connaître le nom de toutes les plantes, savoir où trouver de l'eau clair et sous quelle souche récupérer des racines laiteuses au bon goût d'épices. Lui non plus n'était pas en reste pour trouver leur encas dans la nature : baies sucrées et nids d'oiseaux remplis d'oeufs tout juste bons à gober.
Et au détour d'un sentier tracé par les habitants de la forêt, ils débouchèrent dans une clairière. Au milieu de celle-ci, tronait une batisse qui, bien que visiblement non habitée, semblait fort bien entretenue. Il s'agissait d'un carré de palissade de bois de 20 pieds de large, sans porte ni fenêtre, avec une large terrasse abritée sur un côté. Intrigués, les deux jeunes samouraïs firent le tour de la demeure. Puis Shingen monta sur le perron et alla voir de plus près le mur attenant à la terrasse : nul doute que l'entrée était là. En marchant terrasse, le bois se mit à geindre, faisant s'envoler un couple de passereaux posés sur la branche de l'arbre voisin. Shingen tâta, chercha, frappa le bois pour écouter la résonance. Rien. Pas l'ombre d'une ouverture. A chaque pas, il tirait du plancher une plainte déchirante.
"Regarde Shingen ! Sur la poutre. Devant la terrasse. C'est écrit Seul le Silence est le bienvenu.
Et c'est sensé vouloir dire quoi ?
Ah ! Vous les hommes, vous êtes tous les mêmes ! Quand il s'agit de réfléchir avec autre chose que..." Nishima n'eut pas besoin de finir sa phrase ; l'endroit où elle posait le regard sur la personne de Shingen en disait plus long qu'un discours.
"C'est simple. Pour trouver l'entrée, il faut que le plancher se taise." Elle prononça ces mots en indiquant du doigt le sol de la terrasse.
"Mais... Comment veux-tu que je fasse ? Tu as entendu comme il grince ? Celui qui l'a monté devrait être pendu avoir fait un si mauvais travail. C'est même pas qu'il est pourri ou vieux, non ! Il semble en bonne état ; c'est juste que..."
Nishima leva les deux paumes face au jeune homme en signe d'indifférence. Elle s'assit en tailleur à même le sol, dans l'herbe haute, ferma les yeux et posa ses mains à plat sur ses genous. Shingen soupira. La posture méditative de sa promise était sans équivoque : elle ne bougerait pas de là tant qu'il n'aura pas réussi.
L'archer s'étira comme un chat. Il fit quelques assouplissements, deux trois étirements, descendit de la terrasse puis y retourna. Pendant plusieurs minutes, il tenta de comprendre comment le bois faisait pour être aussi susceptible. Il revint sur l'herbe, s'accroupit, observa la structure puis remonta à nouveau sur les planches. Il alterna les angles d'attaque, optant tantôt pour la vitesse, tantôt la souplesse, parfois encore pour la lenteur extrème. Rien n'y faisait.
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MessageSujet: Re: 3 - Retour à Ashinagabachi   21/6/2013, 15:06

La nuit vint. Puis à nouveau le jour.
Shingen avait oté ses sandales et ses tabis pour mieux sentir le contact du bois et ses moindres frémissements.
Il se tenait debout, au milieu de la terrasse. Le soleil était haut dans le ciel et une chaleur de plomb s'abattait sur la clairière.
Le jeune homme était fier de lui à cet instant, il avait réussi à atteindre ce point sans faire mugir ce maudit plancher. Il porta la main à son obi et en tira une racine qu'il machona nonchalament pendant qu'il réfléchissait à la façon de terminer les 2 mêtres qui lui restaient à faire. C'est alors qu'il leva les yeux. Appercevant les poutres qui couraient sous le toit de la terrasse, il imagina un moyen simple de parcourir l'espace qui le séparait du mur sans risquer de faire grincer le bois. Il cala sa racine entre ses dents, fléchit les genous et, tel un félin, se détendit silencieusement pour attraper la poutre au-dessus de lui. Il se déplaça à la façon des singes, lançant les bras l'un devant l'autre sur la poutre et en quelques secondes il atteint son point de chute. Son point de chute. Voilà où était le problème. Shingen regarda au sol : ses pieds étaient bien à 30-40 centimètres de la terrasse. Il lacha un bras, mais même ainsi balant, il ne touchait pas le sol. S'il lâchait prise, nul doute que le plancher lui gronderait un reproche. Finalement, le garçon se dit que ce n'était pas une si bonne idée que cela.
"Tu as l'air malin, maintenant."
Si il y a bien une voix à laquelle shingen ne s'attendait pas ce fut celle-là.
"Et tu fais quoi ?
Et bien... je recommence." Shingen lacha la poutre et tomba en toute souplesse sur le plancher. Il eut beau tenté d'amortir le plus possible sa courte chute, le bois gémit un petit grincement. Shingen se retourna et salua bien bas celui qui le toisait.
"Non, je veux dire : tu fais quoi, là !
Ah ?! Et bien je... je cherche la porte. Il semblerait que pour la trouver il faille réussir à ne pas faire grincer ce maudit plancher, senseï." A nouveau, Shingen s'inclina en signe de respect.
"Qui t'a dit cela ?
Heu, Nishim... " Shingen tendait la main vers la clairière pour montrer la jeune femme mais il s'arrêta net quand il s'aperçut qu'elle n'était pas là. Il tira la racine de sa bouche et avala sa salive en émettant un petit bruit de bouche.
"Qu'est-ce cela ?
Une simple racine de ginseng, maître Lichin."
Le vieil homme regarda à ses pieds et constata que Shingen en avait déjà grignoté une bonne quantité.
"Mais ! Et combien en as-tu mangé ?
Je sais pas, moi ! 5-6... plus peut-être. C'est énergisant et j'avais besoin de ça pour rester concentré.
Mais pauvre imbécile ! Ne sais-tu donc pas que la Ginseng a un fort pouvoir hallucinogène ?
Ouiii mais... seulement quand elle est séchée et... je l'ai cueilli tout à l'heure avec Nishima.
Qui ?
Nishima ! Ma cousine.
Cela fait deux heures au moins que je t'observe, gamin. Et je peux t'assurer que personne d'autre n'était dans ce lieu."

En effet, en fin d'après-midi, quelques heures après être arrivés dans la clairière, Nishima était sortie de sa méditation et avait lancé à Shingen : "J'ai besoin de voir ta mère et prier mes ancêtres, mon amour. Je compte sur toi, ne me déçoit pas. Trouve l'entrée ! Ce sera notre petit nid d'amour."
Mais le pauvre Shingen n'en avait plus vraiment souvenir. Le temps était confu dans sa tête. Et les oiseaux chantaient si fort aujourd'hui ! Mais de toute façon, Nishima faisait cela souvent quand elle venait en visite. Elle partait avec sa mère quelques jours, pour s'isoler et prier. Sa mère faisait cela tous les mois, pendant 4-5 jours. Shingen se souvenait, qu'une fois, petit, il avait demander à son père pourquoi. La réponse n'avait pas été bien claire : "Les femmes ont leur secrets, Shingen. Parfois, elles te laissent approcher pour les partager avec toi ; mais si elles s'éloignent, c'est qu'il vaut mieux ne pas savoir. Crois-moi !"

"Crois-moi, petit, il n'y a rien d'autre ici pour toi que les exercices que tu t'imposes."
Shingen haussa les épaules et répondit : "De toutes façons, je crois que... je n'ai pas grand chose d'autres à faire que continuer d'essayer.
A ta guise. Mais d'abord, faisons du thé !"
C'est ainsi que Shingen partagea un moment de la journée avec Lichin. Ils parlèrent de la fin de son périple avec les yorikis d'Emeraude. Et bien que Shingen prenne grand soin de ne pas mentionner d'informations sensibles, le jeune homme sentait que le vieillard face à lui cherchait à tout savoir.
"Dites-moi, Lichin-sama. Vous qui semblez connaître bien des choses. Sauriez-vous à tout hasard où se trouve la fille adoptive de Mirumoto Shiryu-sama ?"
Le vieux roublard écarquilla de grands yeux, puis, à mesure qu'un sourire étirait ses lèvres, ces mêmes yeux devirent deux petites fentes.
"Tu me demandes, à moi, où se trouve quelqu'un ? Toi, un chasseur de prime Tsuruchi ? C'est le monde à l'envers."
La pirouette était habile et Shingen ne pouvait que le reconnaître, aussi il partit d'un rire franc et généreux auquel fit écho celui de maitre Lichin.
La journée se poursuivit sur les quelques conseils d'un maître à un néophyte. Shingen poursuivit avec assiduité son exercice sur la terrasse. Puis, quand vint la fin d'après-midi, il prit congé du vénérable avec moults saluts respectueux et rentra à Kyuden Ashinagabachi.
Arrivé à la maison familiale, Shingen ota ses sandales, ouvrit la porte et se glissa à l'intérieur. Dans le couloir, se tenait sa mère, un plateau de riz à la main. "Et bien où étais-tu passé ? Nous étions morts d'inquiétude ! Ca fait trois jours qu'on t'attend !"
Le garçon, ne sachant que répondre, tenta de garder la face en haussant les épaules et afficha un tendre sourire confus à sa mère.
"Viens manger !" Shingen obéit sans demande son reste. Il était affamé. En entrant dans la pièce principale de la maison, il se tourna vers sa cousine qui attendait là, sur le côté. Elle lui lança une oeillade complice. Shingen lui posa la main sur le bras et lui glissa discrètément.
"Nishima-san, il faut que je te parle de ton père.
Ah bon ! Et pour dire quoi ?" Les mots du Kitsune avaient claqué dans l'air comme le tonnerre. Le premier réflèxe de Shingen fut de baisser inconsciemment la tête. Puis redressant l'échine lentement, Shingen se tourna et fit face à son destin.
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MessageSujet: Re: 3 - Retour à Ashinagabachi   24/6/2013, 09:32

"Et bien, vas-y mon garçon, j'attends. Qu'avais-tu donc de si important à dire à ma fille à mon sujet ?
Cela suffit, Sojin !"
Le commandeur des Mondaïketsu dévisagea sa soeur, Kitsune Naya. Celle-ci lui rendit son regard avec un calme et une indifférence désarmante.
"Tu es ici chez moi, Sojin-san. Et si tu veux y rester le bienvenu, tu ferais bien de laisser tes habitudes de brute à la porte. Que ça te plaise ou non, Shingen est mon fils et il mangera avec nous ce soir.
Naya, Naya ! Voyons, tu sais très bien que je chérie ton fils comme s'il était le mien. Je suis simplement... curieux." Sojin s'était exprimé d'un ton aigrelet, à la limite de l'insultant.
"Et depuis quand la curiosité prévaut-elle sur la courtoisie ?" Le calme et la sérénité qui animait Naya faisait contre-point avec l'agressivité maîtrisée des propos de Sojin. Leur petite joute oratoire dura de longues minutes pendant lesquelles Matsuda, trônant au bout de la table posée à même la natte qui recouvrait le sol, en bon chef de famille, souriait gaiement aux bons mots de l'un ou de l'autre. Il semblait apprécier à sa juste valeur le réglement de compte familial qui se déroulait sous son nez. Les deux adolescents, quant à eux, semblaient ne pas partager ce point de vue, quoique, chacun à sa manière : Shingen avait des fourmis dans les jambes et trouvait que le coussin sur lequel il était assis avait dû être bourré avec des aiguilles de pins tellement il lui était inconfortable. Quant à elle, Nishima, assise en face de Shingen, dévorait son cousin du regard, le déshabillant outrageusement des yeux, soupirant avec langueur à certains moment ou bien humectant le bord de ses lèvres d'un sensuel mouvement de langue ; ce qui ne faisait qu'aggraver le sentiment de malaise du pauvre Shingen.
N'en pouvant plus, le jeune homme attrapa brutalement le pichet de saké sur la table, servit tout le monde et vida cul-sec sa tasse. Le feu lui brûla l'oesophage, lui qui ne buvait qu'exceptionnellement. Il tourna rubicon et sa quinte de toux provoqua l'hilarité générale.
Le reste du repas n'en fut que plus agréable ; les conversations s'attardant surtout sur Nishima : tous s'accordant à décrire la splendide jeune femme qu'elle était devenue.

En fin de soirée, alors que les femmes s'étaient retirées, Matsuda sortit une fine bouteille de shoshu et s'installa confortablement dans les coussins en compagnie de son fils, de son beau-frère et de Jigoro. Ce dernier ayant attendu plus loin dans la maison ce moment pour se joindre aux hommes. Le yojimbo assura le service avec aisance et sans prêter une déférence particulière à l'illustre personnage qu'ils avaient pour hôte.
Sojin s'adressa enfin à Shingen.
"Shingen, mon cher petit. J'ai entendu dire que tu fréquentais des yorikis d'Emeraude ?
Des magistrats, Sojin-san !
Magistats ?! Les choses tournent bien pour toi, j'en suis content. Tu sais peut-être que Yasuki Nogaï-san me presse de plus en plus pour organiser le mariage de Nishima ?
Elle m'a parlé de sa cour. Mais...
Mais ?
Et bien c'est ici qu'elle est ! Et pas je ne sais où dans le sud de l'Empire. Endroit dont on dit que les terres ne sont plus sures d'ailleurs. J'ai entendu parler d'invasion de Nezumis. Vous étiez au courant ?
Oh ! Si tu savais le nombre d'idioties qu'on me rapporte. Il est parfois nécessaire que je me rende sur place moi-même pour tirer les choses au clair. Comme par exemple, cette histoire de confrontation entre Tsuruchi et des bushis du clan du Scorpion.
Oui ! Ou encore Asako Tagama et le Clan du Moineau ? Ou ce qu'il en reste !"
La conversation qui jusque là avait été anodine prit tout à coup, une tournure plus sèche et grave.
Après un petit instant de silence, Sojin reprit la parole.
"Le Clan du Moineau ? Quel est le problème ? Suzume a accepté d'héberger un criminel recherché par décrêt impérial. Et il a, de plus, refusé de le livrer à mes hommes quand nous sommes venus le lui demander. Il a choisi sa voie ? Qu'il en paie donc le prix !
Le prix ?? Mais on parle là du massacre de femmes et d'enfants. De pauvres gens qui n'avaient rien fait pour s'élever contre la volonté impériale.
Simple conséquence de l'incompétence de leur daïmyo.
Mais mon oncle ? Vous ne pouvez pas dire cela sans que ça vous retourne les tripes. C'est montrueux !
S'il y a une chose montrueuse dans cette affaire, c'est l'attitude de Suzume. Il aurait sauvé bien des vies s'il avait coopéré. La guerre fait des victimes, fiston ! Quelles soient bushis, ashigarus ou heimins miséreux.
C'est effrayant de cynisme.
Grandir ne s'est jamais fait sans souffrance, Shingen !
Oui, mais les leçons de nos aïeux ne sont pas celles-là."
Sojin haussa un sourcil en guise de demande d'explications.
"Le code du Bushido nous enseigne le respect du devoir. Entendons-là l'obéissance aux ordres et à la volonté de notre daïmyo. Mais il prône également la compassion. Et cela, vous semblez l'avoir oublié, Sojin-sama.
Mais réveille-toi, gamin. Tu n'es plus dans une école ou tranquillement assis à écouter ton général à trois-pattes déblatérer des fadaises. Il n'y a qu'une seule réalité : l'Empereur ordonne, nous obéissons. Le reste n'est que de la soupe !
L'empereur ? Mais je le croyais trop affaibli pour même sortir de son lit ?
Inutile de jouer à ce petit jeu avec moi, Shingen. Même quand l'Empereur dort, il faut que l'Empire continue d'avancer vers sa destinée. Otomo Banu parle au nom de la Lumière de l'Empire, le fils des Kamis ; moi, j'exécute.
Oui. Executer, c'est le terme." Jigoro avait pris la parole sans s'exprimer à quelqu'un en particuliers. Immédiatement, Sojin lui lança un regard noir et dédaigneux. Jigoro soutint sans ciller le regard polaire du Mondaïketsu.
"Hum, hum." Matsuda se racla la gorge pour faire redescendre la tension et enchaîna. "Intéressant tout ça. Est-ce là la raison de votre visite, Sojin-san ?
Affirmatif. Je ne peux dire cela à Tsuruchi mais les faits sont ce qui sont. Shingen ! Tu dois m'aider ! Il est évident que ton implication dans toute cette affaire n'est que purement fortuite. On pourrait même dire que c'est moi qui t'ai mis sur la route de ces yorikis d'Emeraude. Tu sais pertinemment qu'ils ont récupéré le parchemin qu'Asako Togama avait en sa possession. Il me faut le remettre en lieu sûr. Si tu suis ton karma, tu auras prouver non seulement à moi mais aussi à l'Empire que tu es digne de notre respect à tous. Et alors, plus rien ne pourrait mettre un frein à ton union avec Nishima." Kitsune s'était exprimé de la façon la plus douce possible, ce qui changeait sa voix caverneuse en un grincement sinistre.
"Et sinon ?" Matsuda avait posé la question que Shingen ne pouvait prononcer lui-même. Tout en continuant à planter son regard sur le jeune archer, Sojin y répondit calmement, avec même un certain détachement. Une sorte de fatalité.
"Si Ton fils choisit la voie de la sédition, je ne pourrais rien pour lui, cher beau-frère. Et il est évident qu'il est hors de question que ma fille épouse un traitre. Yasuki Nogaï m'a dit avoir déjà fait confectionner une tenue pour la mariée qui irait merveilleusement bien avec la neige qui orne les hauts plateaux surplombant ses terres. Pourquoi le mettre dans l'embaras en le laissant avoir engager des frais pour rien ?"
Comme à son habitude quand on parle de Yasuki Nogaï, Shingen prit un air dégagé et feignit l'indifférence. Il prit doucement la fine porcelaine devant lui et fit tourner dans le creux de sa main la liqueur.
"Vous disiez, Sojin-san... Otomo Banu parle et vous agissez. Mais... moi, je me demande comment Togama a pu entrer en possession du parchemin. Ce n'est certainement pas n'importe quel rouleau qui provoque la Fureur de l'Empereur ?
La question n'est pas de savoir comment il l'a eu mais plutôt de se souvenir qu'il n'aurait jamais dû l'avoir.
Ah ! Permettez-moi, mon oncle, d'être en désaccord avec vous. Les documents secrets ou autres parchemins interdits sont sans nul doute entreposés dans des archives hautement protégées. On n'y accède pas sans les meilleures recommandations.
Et donc ?
Et bien... donc heu... C'est qu'on l'y a autorisé ! Ou qu'il en était l'auteur.
Et quand bien même ?
Comprenez que pour moi ça change beaucoup. Je me vois mal intercéder auprès de Mirumoto Shiryu-sama ou d'Ikoma Kumagaya-san pour qu'ils acceptent de rendre le parchemin pour que, finalement, celui-ci retourne dans la pièce où il était rangé et redisparaisse à nouveau prochainement.
Je t'arrête, Shingen. Je n'implore pas ta générosité en demandant une faveur aux yorikis. Non ! Je te dis que ton devoir est de récupérer ce parchemin et de me le remettre. Les yorikis n'ont pas leur mot à dire. La seule chose qui les attend, c'est la corde ! Et il n'est même pas question de seppuku : ils ont affronté mes hommes et se sont dressés contre l'Empire en toute connaissance de cause."
Shingen soupire. "Une fois encore, la compassion n'a que peu d'importance à vos yeux.
Nulle compassion pour les traitres !
Les choses ne sont sûrement pas aussi simples que cela.
C'est plutôt toi qui semble les compliquer pour rien. Tu oublies ta place, tu oublies ton rang et tu négliges ta famille. Ouvre les yeux mon enfant ! Leur langue traitresse a obscurci ta vision des choses, déformant la réalité et altérant même ton empathie pour les tiens. Tu as pensé à Nishima ? Si tu tournes le dos à ton devoir, tu ne lui crèves pas seulement le coeur. Tu piétines ce qu'elle pense aujourd'hui être sa vie. Crois-tu un instant que je ne sais pas où vous étiez l'autre jour ?"
Les yeux de Shingen s'écarquillèrent alors que ses joues virèrent cramoisies. Il commenca à bafouiller
"Co...
Comment ? Un père veille sur sa fille, Shingen ! A tout instant." Sojin marqua un temps d'arrêt puis reprit de sa voix douce et massacrante. "Aller, sois raisonnable. Pour Nishima, pour ta mère, pour ton avenir... Pour l'Empereur."
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